Mobilité bancaire : la rupture viendra de l’innovation

La loi sur la mobilité bancaire est une condition préalable à la transformation de l’offre de services mais elle n’est pas déterminante : c’est l’intégration de couches technologiques qui permettra aux acteurs de se différencier.

Voilà un mois qu’est entrée en vigueur la loi sur la mobilité bancaire. Elle permet aux Français de changer de banque plus facilement et donc aux néobanques comme Hello Bank de devenir plus attractives. L’idée était également de stimuler un secteur rouillé par une faible mobilité des clients et donc, une certaine inertie. Comme l’indique BNP Paribas, le taux de mobilité bancaire est de 4,5 % contre 10 % en Europe, et 52 % des Français ont plus de 20 ans d’ancienneté dans leur banque. Selon le Monde, les débuts de cette disposition sont prometteurs : le Crédit Agricole aurait gagné 4 500 comptes net en trois semaines. Le quotidien précise également que “chez Axa Banque, le nombre d’ouverture de comptes depuis le 1er janvier a progressé de 57 % par rapport à la même période de 2016”.

Une tendance à vérifier sur la durée

Attention : il ne s’agit peut-être là que d’un effet de nouveauté car certains particuliers ont profité de cette disposition pour faire ce qu’ils souhaitaient faire depuis longtemps avec une plus grande simplicité. C’est donc sur le long terme que la tendance devra se vérifier, d’autant que cette disposition reste très limitée puisqu’elle prévoit une transférabilité automatique du compte courant, mais pas du reste. Il est donc clair que la “mobilité bancaire” ne constitue pas un critère de compétitivité : à ce jour, les banques se sont principalement concentrées sur une guerre des primes à l’ouverture de comptes pour séduire de nouveaux clients. Tant que les institutions financières n’auront pas innové sur leurs offres de service, les effets d’une telle disposition resteront limités.

Un impact significatif sur les entreprises

L’impact de la mobilité bancaire sur les entreprises n’est pas négligeable : les entreprises, associations ou administrations émettrices de virements et prélèvements récurrents sont comme les banques, concernées par la loi sur la mobilité bancaire. Et la notion de “récurrence” s’applique dans la mesure où une opération est survenue au moins 2 fois durant les 13 derniers mois ! De fait, c’est la banque de l’entreprise émettant les virements ou les prélèvements récurrents qui va recevoir les nouvelles coordonnées bancaires du client. Cela souligne l’intérêt pour les fournisseurs de services de disposer d’outils de prélèvements bancaires automatisés comme ceux développés par Gocardless.

A quand une offre bancaire française de rupture ?

Il n’existe pas quatre chemin pour se différencier et c’est donc notamment l’ouverture des banques en ligne aux systèmes tiers qui inciteront les consommateurs à s’orienter vers une offre plutôt qu’une autre : dans un univers très réglementé, la capacité des banques à offrir des services de conseil exploitant les données des consommateurs est primordiale, comme l’illustre le succès de Bankin’. Ainsi les gestionnaires de portefeuilles, robots advisors comme Yomoni ou simples conseillers artificiels comme Marie Quantier aidant les clients à atteindre leurs objectifs constituent un atout compétitif bien plus important que la mobilité elle-même une fois ces derniers intégrés aux offres des banques.

En matière de compétitivité, c’est donc l’arrivée d’offres bancaires de rupture qui dessinera l’avenir de l’écosystème. A fortiori, ce sont les banques en lignes qui devraient en tirer le plus profit mais leur essor est encore limité à un coût d’acquisition client onéreux. La mobilité bancaire sera donc l’occasion pour les FinTech de se faire démarquer dans un univers où la confiance reste majoritairement attribuée aux acteurs historiques. Incubation de start-up à l’image du Village by CA, acquisitions et partenariats en tout genre devraient continuer à se développer. Et les banques n’hésitent désormais plus à sortir leur portefeuille : en septembre 2015, le Crédit Mutuel Arkéa s’est offert 86% de la cagnotte en ligne Leetchi, qui développe également le système de paiement MangoPay, pour 50 millions d’euros. Le début d’un basculement.

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